| Info : | L'abstraction a beaucoup de visages et offre bien des possibilités, particulièrement à un artiste comme Léopold Plomteux qui manipule des motifs de couleur avec une inventivité remarquable, les ordonne en un élan répétitif et réalise en plus des compositions surprenantes en se servant de ce qu'on pourrait appeler des formes libres mais tout aussi bien maîtrisées.
Ces formes font partie d'un ensemble dominant; elles sont seules néanmoins parce que dans le carambolage d'obscurité et de lumière et de divers plans de couleurs croissent des rythmes individuels qui sont sensés et éloquents, même si l'image totale tend à les maîtriser.
Plomteux juxtapose ainsi des coupures qui se fondent ou s'installent dans le centre de l'être avoisinant où elles demeurent intactes parce qu'elles diffèrent en forme et en couleur du giron ou de la matrice qu'elles ont attaquée et envahie.
Ces oeuvres-là sont des rencontres coloriées et vives, des dialogues entre des êtres différents qui ont néanmoins quelque chose en commun, qui sont le segment d'un cercle et n'ont pas su garder inaltérée leur entité de rondeur; ce sont des excroissances qui ont quitté le tronc où elles ont grandi et qui se rangent un instant pour confirmer leur identité et devenir tout de suite après une plante sauvage et exubérante ou une feuille d'obscurité, de brun ou de bleu portant des incisions et qu'un étrange vent d'automne a cueillie sur un arbre baroque.
hugo brutin (a.i.c.a.) |