Mapping Cyprus - Crusaders, Traders and Explorers
Exposition
!!! Attention: cet événement est déjà passé !!!
Jusqu'au 23 septembre (mardi, mercredi et vendredi à dimanche de 10h à 18h; jeudi de 10h à 21h).
Cette exposition met en évidence la position unique de Chypre, portail entre l'Occident et l'Orient. Une sélection d'oeuvres d'art raconte l'histoire de l'île avec une attention toute particulière pour la période médiévale des Lusignan et celle des Vénitiens durant lesquelles l'Orient byzantin et l'Occident latin se sont rencontrés.
Plus de 50 icônes seront exposées à cette occasion, dont la plupart quitteront l'île pour la première fois.
Mapping Cyprus est organisé dans le cadre de la première Présidence chypriote du Conseil de l'Union européenne.
Chypre se trouve à l'extrémité orientale de la Méditerranée, au carrefour de trois continents : l'Europe, l'Asie et l'Afrique. L'île était ... (Lire la suite) un objet de convoitise pour l'Orient byzantin, l'Occident latin et le monde arabe. Depuis l'Antiquité, la situation géographique et les richesses naturelles de Chypre ont été tant une bénédiction qu'une malédiction pour ses habitants : Chypre a toujours eu, en effet, une grande importance stratégique pour ceux qui voulaient dominer ou contrôler la Méditerranée. Chacune de ces puissances et cultures successives ont plus ou moins marqué la vie politique, sociale et culturelle de Chypre. L'île est un creuset unique, un lieu d'échanges entre conquérants, commerçants, pèlerins, rois et explorateurs. Chypre a joué un rôle crucial dans la percée de la civilisation occidentale au Moyen-Orient et au-delà, mais aussi manifesté une présence importante de l'Orient en Occident à l'époque de la domination ottomane de l'île.
Mapping Cyprus présente la chronologie de l'histoire mouvementée de l'île, de l'occupation par Richard Coeur de Lion en 1191 jusqu'à l'indépendance en 1960. L'exposition commence par la fondation du royaume médiéval de Chypre, un tournant dans l'histoire de l'île. Elle rassemble plus de 140 objets, dont plusieurs manuscrits médiévaux, tableaux, cartes, gravures et icônes rares. L'exposition est enrichie de peintures, de publications, de cartes et d'autres objets d'art européens, réalisés par des artistes attirés par la légende et la beauté de Chypre. Des peintres célèbres tels que le Titien et le Tintoret, ainsi que des cartographes tels que Munser, Waldseemiller et Sonnetti, ont réalisé des oeuvres magnifiques qui font référence à l'île.
La cinquantaine d'icônes exposées constitue le point d'orgue de l'exposition, la plupart étant présentées pour la première fois à l'extérieur des murs des évêchés, églises et monastères auxquels elles appartiennent. Les icônes reflètent la vie, les coutumes et l'âme des Chypriotes. De 1191 jusqu'à la fin du XIXe siècle, les icônes religieuses étaient la principale forme d'expression artistique dans l'île. Le style typique de Chypre, né d'une longue tradition picturale byzantine et orientale mêlée aux principes esthétiques de la Renaissance (européenne), est connu sous le nom de "maniera Cypria" ou école chypriote.
Loukia Loizou Hadjigavriel, Présidente du Comité National de Chypre auprès de l'UNESCO et Directrice du Musée Historique de Nicosie, est la commissaire de l'exposition, qui met en valeur pour la première fois les liens culturels entre Chypre et l' Europe à travers un contexte artistique et historique qui couvre une période de plus de 500 ans. Androula Michael présente une sélection d'art contemporain dans les salles "antichambres" qui se trouvent à l'entrée de l'exposition Mapping Cyprus.
Pour prolonger l'exposition, BOZAR propose un florilège d'événements témoignant de la créativité chypriote. Le public pourrait notamment écouter de la musique de la cour des Lusignan, interprétée par le Huelgas Ensemble, un choeur byzantin, la célèbre chanteuse Alexia Vassiliou, accompagnée de Costas Cacoyannis, l'auteur-compositeur-interprète Alkinoos Ioannidis, et un concert de musique contemporaine. Venez également découvrir Karaghiozis, personnage du théâtre d'ombres, un spectacle de danse de Lia Haraki et l'univers du réalisateur Yannis Economides. Plus d'infos bientôt sur www.bozar.be.
Une promenade chronologique dans l'exposition
L'époque franque (1192-1489)
Le début d'échanges culturels et économiques intenses avec l'Europe
L'exposition commence par la conquête de Chypre par Richard Coeur de Lion, arrivé dans l'île au cours de sa croisade pour Jérusalem, en 1191. Peu après, Richard Coeur de Lion rétrocéda l'île à Guy de Lusignan, originaire du Poitou et roi déchu de Jérusalem. Celui-ci devint le premier souverain du royaume médiéval de Chypre, établi dans la capitale Nicosie. Amaury succéda à son frère Guy, réussit à établir l'église romaine dans l'île et à mettre sur pied un système féodal.
Chypre était en contact avec l'Europe depuis l'Antiquité, mais la relation s'est intensifiée au cours du Moyen Âge. Afin de créer une classe dirigeante forte, les Lusignan encouragèrent l'immigration de nobles européens. L'île devint une étape chrétienne sûre dans le périple maritime des croisés, des pèlerins et des commerçants. Chypre se révéla un maillon important du réseau commercial international entre l'Europe occidentale et le bassin méditerranéen oriental. Outre la vaisselle de table émaillée, le vin et les étoffes précieuses, les produits d'exportation chypriotes les plus populaires étaient le sucre, le blé, l'orge, le vin, l'huile, les légumes secs, les épices, le miel et le sel. Grâce à ces nombreux contacts, Chypre bénéficia d'un lien direct avec la civilisation européenne florissante sans pour autant abandonner ses anciennes influences grecques, byzantines et orientales. Au cours de cette période, l'île réussit à se forger un rôle intermédiaire économique, culturel et géopolitique entre l'Occident et l'Orient.
Dans ce chapitre, l'exposition consacre une attention particulière à l'histoire de Mélusine, avec des manuscrits originaux du XIVe siècle de Jean D'Arras et de Jean Coudrette. Mélusine est la sirène mythologique, fondatrice de la dynastie des Lusignan et mère, d'après la légende, des fondateurs de l'Europe.
En outre, une salle thématique est consacrée à la musique de la cour des Lusignan. Le "manuscrit de Turin" ou "Codex franco-chypriote" est une oeuvre musicale médiévale exceptionnelle du XVe siècle, composée pour le roi Janus de Chypre. L'oeuvre a été présentée pour la première fois dans son palais à Nicosie. L'exposition montrera le manuscrit original, accompagné de fragments sonores interprétés par Paul Van Nevel et son ensemble Huelgas (en concert dans l'église de Notre-Dame de la Chapelle le 15 octobre).
Un chapitre entier de Mapping Cyprus est consacré à Caterina Cornaro, la dernière reine de la Chypre médiévale. Caterina Cornaro, née à Venise en 1454, était issue d'une famille vénitienne prospère, propriétaire d'une plantation sucrière chypriote importante. Après le décès inopiné de son mari, le roi Jacques II de Lusignan, elle lui a succédé sur le trône. Elle a régné sur Chypre de 1474 à 1489, date à laquelle Venise l'a obligée à renoncer au trône. De retour à Venise, elle y a introduit les traditions et la mode chypriotes. Dans l'exposition, on peut voir notamment un portrait magnifique de cette reine par le Tintoret, ainsi que son testament et une cuillère de mariage en argent.
La période vénitienne (1489-1571)
La prospérité matérielle et les échanges artistiques avec la Sérénissime
L'annexion de Chypre par Venise inaugure la seconde phase de la période latine de l'île. Ce rattachement se déroula sans effusion de sang et s'inscrivit parfaitement dans la politique expansionniste de Venise. La République administrait Chypre comme une colonie et se concentrait sur l'exploitation et le commerce des ressources naturelles de l'île.
De nombreux échanges permettaient aux peintres d'icônes chypriotes d'effectuer un apprentissage à Venise, introduisant ainsi le style de la Renaissance dans les icônes classiques. Outre les icônes, ce volet de l'exposition présente aussi une porte richement décorée du monastère de Tamassos. À l'inverse, Chypre intriguait les artistes européens, comme en témoigne l'oeuvre Jacopo Pesaro, évêque de Paphos du Titien, exposée dans ces salles de l'exposition. La période vénitienne laisse aussi des traces profondes dans l'architecture de Chypre, comme le montrent les cartes dans ces salles. La peur d'une attaque ottomane incita les Vénitiens à construire des châteaux-forts aux quatre coins de l'île. Les murailles de Famagouste et de Nicosie (érigées en 1567) sont toujours considérées comme des prototypes d'architecture militaire de la Renaissance.
La période ottomane (1571-1878)
L'arrivée de l'Islam et l'importance de la cartographie
La Grande Guerre commença en juillet 1570 par le siège de la ville de Nicosie. Après la chute de la ville de Famagouste en 1571, l'île tomba sous domination ottomane. Les Ottomans proclamèrent l'Islam et l'orthodoxie grecque (Église de Chypre) seules religions officielles de Chypre. Le dogme romain fut interdit et l'Église de Chypre s'empara des monastères et des évêchés romains.
La conquête de Chypre par les Ottomans fut un revers sérieux, principalement pour l'art religieux de l'île. Les églises gothiques furent transformées en mosquées et la production d'icônes ne pouvait plus avoir lieu que dans la clandestinité ou à l'étranger. De nombreux artistes émigrèrent à Venise. Ils n'ont cependant jamais arrêté de produire des icônes : le style italo-byzantin et resté en vigueur dans l'île jusqu'à l'arrivée du baroque et du rococo, introduits par le Crétois Ioannis Kornaros (1745-1796), ce qui se reflète dans le répertoire des icônes.
La cartographie s'est développée de manière considérable au XVIIe siècle. L'exposition compte de nombreuses cartes de Chypre, dessinées par des cartographes européens.
La période britannique (1878-1960)
Le retour à l'Europe et la modernisation rapide
Une nouvelle ère commença le 5 juillet 1878 : l'île intégrant l'Empire britannique, elle tomba à nouveau dans des mains européennes. La Grande-Bretagne avait besoin d'une base d'opérations militaires pour protéger les routes coloniales via le canal de Suez et considérait que Chypre était parfaitement située. Les Britanniques "louèrent" d'abord l'île aux Ottomans, mais le Traité de Lausanne imposa officiellement leur souveraineté en 1923. Cette période est caractérisée par des changements économiques, techniques, politiques et sociaux rapides dans les villes.
Ces salles de Mapping Cyprus montrent notamment quatre albums de photos historiques illustrant la vie à Chypre au XIXe siècle. Parmi ceux-ci se trouve l'album de John Thomson, photographe officiel de la reine Victoria, envoyé à Chypre pour photographier la nouvelle acquisition à l'attention de la métropole. Outre les photos de châteaux, de chapelles byzantines et de mosquées, il accorda également une attention particulière au caractère "exotique" de la nature vierge et des paysans tannés au soleil à la campagne.
Chypre, une république indépendante
(de 1960 à nos jours)
La recherche mouvementée d'une identité spécifique
L'indépendance de Chypre a été proclamée le 16 Aout 1960. La Constitution déterminait la répartition du pouvoir politique entre Chypriotes grecs et turcs en fonction d'un ratio de représentativité de 7 pour 3. Néanmoins, en Décembre 1963, certaines dispositions de la Constitution ont conduit à des conflits entre le deux communautés. Cette situation a donné lieu à de brefs affrontements en 1963 et 1967. En 1963 Nicosie, la capital de l'île, fut scindée en deux parties et demeure depuis la dernière capital divisée d'Europe. De plus, depuis 1964 une force des Nations Unies chargée du maintien de la paix à Chypre a été créée.
Le coup d'État du 15 juillet 1974 visant le Président Makarios et l'invasion turque qui l'a suivie portèrent un coup fatal à l'unité de l'île. 200.000 Chypriotes grecques se sont réfugiés au sud du pays. Ainsi depuis 1974, la Ligne verte sépare l'île en deux parties : la zone chypriote grecque, au Sud, et la région chypriote turque, au Nord. Chypre est entrée dans l'Union européenne le 1er mai 2004. Cette adhésion resserre à nouveau ses liens historiques, politiques et économiques avec l'Europe.
La commissaire Androula Michael présente aussi une sélection d'art contemporain chypriote.
Prix :
10€ / € 12,00 Combiticket Mapping Cyprus + Sense of Place
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